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POP IN (Paris) – le 17 février 2017

February 18, 2017

Saurien:

De ma mère vient mon agoraphobie. De ma grand-mère (mère hongroise de ma mère) vient mon anxiété. De mon grand-père (connard hongrois) vient ma dépression.

Je suis hongrois – j’ai passé quatre jours de ma vie là-bas, tous les quatre à Budapest, mais, peut-être que dans le train qui m’a emmené là-bas j’ai passé, très brièvement, par des autres localités hongroises, mais, je ne sais pas si ça compte. Pendant ces quatre jours, en observant le monde qui m’a entouré (ce que je fais toujours: dans la rue, aux concerts, à Budapest, etc), c’était absolument clair que ce peuple, les hongrois, est les gens les plus déprimés du monde, au moins de toutes les parties du monde que j’ai vu, et, je n’ai pas beaucoup vu de ce grand monde (que je crois être plat – je suis néandertalien, d’où vient cette croyance), vu que je n’aime pas voyager – Montreuil (sous-Bois), Ivry (sur-Seine), Bagnolet (oh là là), Saint Ouen (oh là là), Aubervilliers (oh là là) sont tous assez loin de Paris (france) selon moi.

En appelant mon grand-père (mon ‘vrai’ grand-père, qui est responsable de la naissance de ma mère) un connard hongrois, c’est pas une désignation raciste: il s’est suicidé, littéralement, devant les yeux de ma mère (qui avait cinq ans à ce moment là, je crois) et de ma grand-mère, donc, je pense que c’est clair que cet homme particulier est un connard (et également hongrois). Grâce à lui, j’ai une calvitie naissante (il était complètement chauve avant qu’il se soit suicidé), la dépression, et les pensées suicidaires très (très) régulières, mais, au moins je ne porte pas une moustache hitlérienne comme ce connard (hongrois).

Dans un article récent, j’ai attaqué ma grand-mère (qui est morte il y a moins d’un an – la dernière fois que je l’ai vu était en deux mille treize. Elle savait que ce serait la dernière fois qu’elle me verrait) qui aurait été parfaitement heureuse de rester en hongrie (occupée par les russes, même après l’insurrection des hongrois contre eux), mais son mari (connard (hongrois)) voulait quitter le pays, et elle était également parfaitement heureuse de le suivre – je suppose qu’elle l’a aimé. Elle était enceinte avec ma mère à ce moment là. Après qu’il (le connard hongrois) ait découvert qu’il n’aimait pas l’australie (un sentiment que je comprends bien), ou, au moins, qu’il préférait la hongrie à l’australie, il voulait revenir en hongrie, mais, ma grand-mère a refusé, peut-être sagement (je ne sais pas ce qui serait arrivé aux gens qui ont quitté le pays (occupé par les russes) et sont ensuite revenus, peut-être qu’elle non plus), mais en principe, je crois, parce qu’elle savait que la vie de sa fille (ma mère) serait considérablement meilleure en australie plutôt qu’en hongrie, surtout à ce moment là, et presque certainement jusqu’à présent. Vu que ma grand-mère ne quitterait pas l’australie, le connard (hongrois) s’est suicidé, qui sait pourquoi …. peut-être ‘dieu’ (juif, chrétien, musulman, hindou, etc). Il aurait pu quitter sa famille et revenir en hongrie tout seul, mais, peut-être que ça n’aurait pas été considéré comme un acte ‘honorable’ et il aurait risqué, donc, d’être rejeté par sa communauté en hongrie; peut-être qu’il ne voulait pas ‘quitter sa famille’ en revenant en hongrie tout seul, mais …. en se suicidant (devant les yeux de ma mère et de ma grand-mère), il les a évidemment quand même abandonné, l’imbécile (hongrois).

J’ai récemment attaqué ma grand-mère dans un article parce que si elle était revenue en hongrie, évidemment avec ma mère (et son connard (hongrois)), il est presque certain que je ne serais jamais été né – je doute, fortement, que ma mère et mon père se soient rencontrés (dans un ‘disco’ horrible où tu ne me verrais jamais), et, voilà: je n’aurais pas été. Je ne crois pas que le monde/la vie soit pour tout le monde – ce que je sais (avec certitude) c’est qu’il/elle n’est pas pour moi, et peut-être pas pour mon grand-père (le connard (hongrois)) non plus. Même en hongrie, à un moment ou à un autre, c’est presque certain qu’il se serait suicidé, probablement encore devant les yeux de ma mère et de ma grand-mère …. connard (hongrois). Je ne sais pas comment il a fait cet acte – c’est pas un sujet facile à discuter, et ça traumatise, jusqu’à présent, des décennies plus tard, ma mère, et probablement ma grand-mère aussi, jusqu’à sa mort.

Ce n’était pas du tout juste d’attaquer ma grand-mère, et là, je m’excuse, du fond de mon cœur, pour cette attaque que j’ai lancé contre elle. Evidemment, sa vie n’était pas facile quand ma mère était enfant, dans un pays où elle n’a guère parlé la langue (jusqu’à sa mort elle manquait de confiance lorsqu’elle s’exprimait en anglais), où elle était seule avec une enfant, sa famille en hongrie lui disant d’y revenir, et elle répondant que non, ma fille pourra passer une meilleure vie ici que là-bas. Ses années les plus heureuses de sa vie étaient celles pendant lesquelles elle regardait mon frère et moi grandissons. Comme on sait bien, j’ai cette phobie/haine de l’australie: je souffre, j’en suis presque certain, de la haine de moi, assez sévèrement, et donc, il est, toujours, très ardu pour moi de revenir en australie, et donc, je n’en fais pas assez. Ma grand-mère a passé les meilleures années de sa vie avec moi, et j’aurais dû revenir en australie plus souvent, pour la voir, et pour voir toute ma famille. Mais, même en éprouvant ce regret énorme, le traumatisme des retours (des visites, pour être précis) à ce pays demeure. Cette femme (cette femme forte) m’a aimé. Je l’ai également aimé. L’australie, ce n’est pas pour moi. Le monde, il n’est fort possiblement pas pour moi non plus (comme il n’était pas pour mon grand-père (le connard (hongrois)), qui m’a laissé avec seulement une calvitie naissante et les pensées suicidaires très régulières). Quand on déménage loin de notre pays d’origine, on perd, évidemment, beaucoup, mais parfois, le déménagement est essentiel, et il fallait, absolument, que je quitte mon pays d’origine, l’australie. En quittant ce pays, mon pays d’origine, j’ai raté les dernières années de la vie de ma grand-mère, et je m’excuse, mille fois, de cette attaque entièrement injustifiée que j’ai récemment lancé contre elle, mais, je suis sûr qu’elle comprend d’où est venue cette haine temporaire: l’agoraphobie de ma mère, la dépression/les pensées suicidaires de mon grand-père (le connard (hongrois)), et son anxiété. Sa passion était de cuisiner (elle aimait également lire) – étant enceinte dans le camp de réfugiés avant son transport vers l’australie, il ne fallait pas qu’elle travaille, mais, elle ne voulait pas un traitement préférentiel, et donc, elle a cuisiné. Je ne sais pas si chaque repas qu’elle m’a préparé était entièrement végan (mais ils étaient tous, évidemment, absolument végétariens) – je ne sais pas si elle comprenait entièrement ce qui constitue le véganisme, mais je les ai quand même mangé. Je l’aimais, et elle faisait de son mieux.

Donc, malgré mes pensées suicidaires régulières, je ne me suiciderai pas. Je lutterai contre ces pensées, cette dépression, cette anxiété et cette agoraphobie qui vivent en moi, et je le ferai pour ma mère, qui a, je crois, déjà connu assez de traumatisme dans sa vie, et je m’excuse également, auprès de toute ma famille, que ce ne soit pas possible que je vienne pour vous voir plus souvent, mais, c’est littéralement impossible pour moi, et très traumatisant, ce que, je crois, vous comprenez. Je vous aime, tous, mais pas le pays où vous résidez, le pays où, bien sûr, j’ai grandi. J’ai trouvé mon foyer à Paris (france), mais vous me manquez, toujours, et c’est pas du tout à cause de vous qu’il a fallu que je quitte votre pays, le pays où j’ai grandi. Je vous aime, tous, vous me manquez, tous, et je m’excuse, encore mille fois, d’avoir récemment attaqué cette personne véritablement remarquable qui m’aimait, que j’aimais, et que j’aimerai toujours.

Le Pop In, et sa porte meurtrière de la salle de concert (meurtrière pour chaque agoraphobe du monde, surtout les vendredis soirs quand la ‘vie’ commence pour ceux qui entrent hebdomadairement dans une sorte d’hibernation de neuf heures du lundi matin à dix sept heures du vendredi après-midi. Les fêtes du vendredi soir (oh là là) de ces gens ressemblent beaucoup aux rites religieux, et donc, à tout moment, j’attends un abattage (plus cruel qu’un abattage non religieux) de commencer. L’état de ma vie n’est rien de moins que lamentable – je ne peux même pas commencer à imaginer les ‘vies’ de ceux qui, véritablement, ne vivent pas de neuf heures du lundi matin à dix sept heures du vendredi après-midi – cette période là, c’est véritablement la mort pour ces gens, et, je dois dire que, vu les crises d’agoraphobie qui me consument en attendant l’ouverture de cette porte meurtrière (même ‘en semaine’ (oh là là, je sors ‘en semaine’. Mais, quel …. quel …. rebelle des rebelles)), les jours où il n’y a eu que des concerts au Pop In du lundi au jeudi me manquent – les sorties du week-end …. aussi meurtrières que cette porte abominable. Le Métro(politain), surtout en rentrant chez moi, les week-ends …. mon dieu, les morts vivants qui m’entourent ne peuvent que mener à l’horreur absolue. Ce soir, je viens au Pop In et rentre chez moi à pied, bien sagement, mais, cette maudite porte de satan (dieu) lui-même est ma fin ultime, comme toujours.

saurien

Saurien au Pop In le 17 février 2017

Mais enfin …. répit dans ma crise d’agoraphobie, entouré par ceux qui, de toute évidence, dorment toute la semaine, sinon passent chaque semaine dans un état zombie, pour gagner assez d’argent pour soutenir leur dépendance de choix. Mais, Saurien, et malgré le fait que mon état était encore plus lamentable que d’habitude (à cause de cette porte de la mort), je peux dire que, musicalement, il me rappelle assez beaucoup Massicot (de qui j’ai eu des nouvelles aujourd’hui), ce qui est déjà un assez grand compliment. Son chant n’est pas aussi indéfinissable que celui de Massicot, et, je dirais que la musique a pris le pas sur sa voix tout au long du set. Mais, n’importe quelle comparaison avec Massicot est déjà pas mal, et là, en fuyant le neuvième cercle de l’enfer qui est le Pop In les vendredis soirs, je pense que je dirai que ça suffit pour maintenant, et que si tu apprécies la musique de Massicot, il est fort possible que tu apprécies également celle de Saurien.

Fin (à peu près).

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