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(SUPERSONIC (Paris) – le 12 juillet 2017)

July 12, 2017

(Peine Perdue), (Trotski Nautique):

Ah oui. Enfin, je me suis rendu compte que, peut-être, il y a une raison bien logique pour laquelle je ne peux plus quitter chez moi. Alors, en ce moment, au Supersonic (dit l’OPA), il y a, apparemment, un ‘festival’ (oh là là), et, comme on sait bien, je déteste les ‘festivals’, et donc, je ne peux pas assister aux concerts à l’OPA (dit le Supersonic) qui font partie de ce ‘festival’. Je ne comprends pas, en fait, la raison pour laquelle les concerts du onze au quinze juillet deux mille dix sept font partie de ce ‘festival’. Personnellement, je ne vois aucune différence entre les concerts qui font, apparemment, partie de ce ‘festival’ et les concerts qui ont lieu au Supersonic (dit l’OPA) quotidiennement. La seule différence que je peux remarquer entre les concerts qui font partie de ce ‘festival’ et les concerts à l’OPA (dit le Supersonic) qui ont lieu quotidiennement c’est que les concerts qui font partie de ce ‘festival’ (oh là là) consistent en quatre groupes, et les concerts ‘normaux’ au Supersonic (dit l’OPA) ne consistent qu’en trois groupes. Ca, à mon avis, n’est pas une immense différence, et, franchement, je pense que le ‘festival’, et également l’OPA (dit le Supersonic), feraient mieux de ne pas souligner aussi clairement que pendant les cinq jours entre le onze et le quinze juillet deux mille dix sept il y a un ‘festival’ qui a lieu là – je suis sûr que je ne suis pas la seule personne qui n’aime pas les ‘festivals’: ils sont bien trop …. festifs.

Alors, on verra si, après ce ‘festival’ particulier, je serai à nouveau capable d’assister aux concerts, mais ça, c’est loin d’être certain, parce que pour aller au (et rentrer du) Supersonic (dit l’OPA) il faut que je passe devant cette putain de restaurant de palourdes, ce qui me dégoûte, et, de plus, j’ai toujours peur, surtout dans le quartier de la Bastille où les niveaux d’analphabétisme sont plus élevés que partout ailleurs dans europe, l’union européenne et/ou le monde, que quelqu’un vienne pour me demander ce que je fais avec un stylo et un cahier, parce que cette image est tellement mystérieuse et selon les analphabètes du quartier de la Bastille (et d’ailleurs) l’un ne va évidemment pas avec l’autre.

Il faut (ou non) noter que je n’aime pas aller au cabinet de mon psychiatre non plus, mais ça, évidemment, il faut que je fasse. Il n’y a aucun canapé dans le bureau de mon psychiatre, ce qui m’énerve, mais ce que je trouve le plus troublant chez mon psychiatre c’est la salle d’attente – il y a un canapé dans la salle d’attente, mais je ne m’assois pas sur lui – il est en cuir (ou faux cuir). Et, quand j’écris, ce que je fais quand j’attends mon psychiatre, je m’assois sur une chaise, sinon un tabouret, sinon je suis debout. Je déteste la salle d’attente chez mon psychiatre: elle est petite et il y a parfois des autres dans cette salle. Je déteste me trouver à proximité immédiate des autres, surtout dans une salle où, apparemment, il faut que la porte soit toujours fermée.

Mon psychiatre n’a rien fait ou dit pour m’aider avec le ‘problème’ qui me rend, effectivement, incapable d’être dans un endroit où il y a des gens: la salle d’attente de son cabinet, mon café habituel, les concerts, les supermarchés, et(cætera). A mon café habituel il y a deux personnes qui regardent l’écran d’un de ces dispositifs technologiques que je ne posséderai jamais, que je ne comprendrai jamais. Le jeune homme est considérablement trop enthousiaste au sujet de ce qui paraît sur l’écran de son dispositif. La jeune femme s’en fout, clairement, mais elle pose des questions occasionnelles pour faire semblant d’être intéressée. Le jeune homme utilise le mot ‘cool’ bien trop souvent, pour parler de quelque chose qui n’est pas du tout ‘cool’. Chaque nouvelle entreprise aujourd’hui doit, impérativement, être liée à la technologie, sinon elle n’a aucune chance de succès.

Oui oui. Cet étalage de trop d’enthousiasme m’a dégoûté, et je ne suis pas à l’aise, à nouveau, dans mon café habituel. Je n’aurais pas été à l’aise en tout cas, mais cet étalage extravagant m’a mené au bout de ma santé mentale. Je bois mon café, et je rêve d’un monde simple, où de tels dispositifs n’existent pas. Je vois un vieux qui me salue, parfois. Il m’a demandé, une fois, si je pourrais traduire quelque chose pour lui. Je lui ai dit que je déteste traduire, et il ne m’a jamais demandé à nouveau si le projet de traduction m’intéresserait. Il parle souvent à mon amour imaginaire.

Mon amour imaginaire vient d’arriver. Récemment, elle a commencé à s’asseoir à la table en face de la mienne s’il n’y a personne là-bas, ce qui était bien le cas aujourd’hui, mais, heureusement, elle a, aujourd’hui, décidé de s’asseoir à ma table, en face de moi, à gauche. Ca, c’est peut-être parce que je lui ai envoyé deux mails hier soir, et elle voulait les discuter avec moi. Le deuxième mail que je lui ai envoyé lui a dit qu’il ne fallait plus, enfin, qu’elle fasse ce que je lui avais demandé de faire dans mon premier mail – elle n’a pas vu mon deuxième jusqu’à ce qu’elle eût fait ce que le premier mail lui avait demandé de faire. Je suis heureux qu’elle s’est assise en face de moi, à gauche, en tout cas. Elle a, peut-être, choisi cette place particulière parce qu’à l’autre table où on s’assoit si on ne prévoit pas de manger, il y a eu, encore, des tasses vides, et(cætera), des gens qui étaient là plus tôt, avec leurs dispositifs technologiques, et(cætera). Elle m’a donné son conseil concernant mes mails (parce que je lui ai demandé) quand même.

Pendant qu’elle travaille, elle chuchote, ce qui me dérange normalement, mais vu qu’elle est mon amour imaginaire, je trouve cette pratique charmante. Elle ne fait pas ça normalement, donc, je me demande ce qu’elle travaille aujourd’hui.

Aujourd’hui, en m’habillant, j’ai choisi une chemise et une veste qui, à mes yeux qui souffrent du daltonisme, semble être la même couleur. J’espère qu’aux yeux qui ne sont pas affligés par cette maladie (grave) que les deux articles de vêtement sont en couleurs différentes.

Je me souviens qu’une collègue, à mon dernier boulot en australie avant que je sois arrivé en france, m’a demandé où j’ai obtenu cette veste parce qu’elle pensait qu’elle irait bien avec son mari. Quand je lui ai dit que je ne savais pas, exactement, où on irait pour obtenir une telle veste vu que je l’ai acheté d’occasion, elle était assez, mais pas beaucoup, déçue. Il m’a paru que son mariage n’était pas particulièrement fort ou ‘heureux’.

Même avec mon amour imaginaire en face de moi, à gauche, même en ayant échangé quelques mots avec elle, je ne suis pas à l’aise dans mon café habituel. Je ne suis qu’à l’aise chez moi, et, je pense qu’il devient difficile d’écrire des critiques des concerts auxquels je n’ai pas assisté. Ca, c’est peut-être logique.

J’aime penser que mon amour imaginaire ne sort que très rarement les soirs. Je ne peux pas l’imaginer quelque part où les gens se rassemblent les soirs, et je serais déçu si ce n’était pas le cas. Sinon, si elle sort les soirs, je suis sûr qu’elle est seule et qu’elle fait tapisserie, et que si elle va aux concerts, entre les sets des groupes elle fait son travail mystérieux qu’elle fait au café, et qu’elle ne parle à personne, et qu’elle est légèrement énervée quand les gens lui parlent pour savoir ce qu’elle est en train de faire, autrement dit, qu’elle est une version féminine de moi. Ca me rend triste de penser à mon amour imaginaire, parce que je sais qu’elle demeurera, pour toujours, un amour imaginaire, et parfois, en fait, je pense que ce serait une bonne chose de vivre dans le vrai monde ….

Peine Perdue, et, tout comme le groupe que j’ai critiqué hier sans le voir en concert, je pense que c’est une bonne chose que je ne voie pas ce groupe en ‘live’ (oh là là). Je trouve que leurs enregistrements sont assez intéressants, mais je suis également sûr qu’un set de leur musique m’ennuierait, vite. Et, de plus, selon ce que je suppose être l’ordre de passage, Trotski Nautique et Peine Perdue sont la première partie et la dernière partie, respectivement, et si je vais à un concert où Trotski Nautique joue, je vais, évidemment, regarder leur set, et donc, si j’étais allé à ce concert, il faudrait, en principe, que je regarde les sets de deux groupes qui ne m’intéressent pas du tout, et, c’est la vérité que j’essaie d’éviter les groupes que je pense que je ne vais pas aimer, si les gens croient ça ou non, et, comme on sait, on ne peut pas, en principe, quitter l’OPA (dit le Supersonic) et y revenir plus tard, et donc, il aurait fallu que j’assiste aux sets de ces deux groupes que je pense que je n’aimerai pas si j’allais à ce concert ce soir, et ça, je considérais comme immoral. Et, point final, je ne considère pas le Supersonic (dit l’OPA) comme un lieu approprié pour un concert du groupe Trotski Nautique. C’est assez loin de la Goutte-d’Or, on dirait.

Voilà.

 

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One Comment
  1. Sam permalink

    C’est un festival parce qu’il y a une thématique (groupes français). Il faut lire. C’est peut-être toi, l’analphabète ?

    Et que faudrait-il pour que ce soit vraiment un festival ? Un stand de merguez ?

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