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ALICE

August 7, 2017

Mon Alice ne s’appelle pas Alice.

Je ne l’ai jamais connu. Mais elle est mon obsession.

J’ai pris ce qui devrait me faire dormir, mais je pense trop à mon Alice, qui ne sera jamais mon Alice, qui n’était jamais mon Alice.

J’écoute sa musique préférée. Oui Oui. Tu avais raison, ou, tu aurais du avoir raison si tu avais dit ça quelques ans plus tard.

Mon Alice qui ne pense jamais à moi. Je ne suis personne. Non. Pas quand je ne vis pas dans tes pensées. Mon Alice.

Non. Tu ne t’appelles pas Alice. Tu aurais été une bonne Alice quand même.

Je sais où tu es. Tu aurais du être ailleurs.

Je me souviens d’une fille parfaite. Maintenant, il y a des défauts. Tu as fait des erreurs. Mon Alice ne fait pas des erreurs. Elle est belle en gilet trop grand, tard la nuit. On t’a dérangé, je sais. Je ne m’excuse pas.

Toi, l’enfant sauvage dans une vie merveilleuse. Est-ce que tout se passe bien? Cette maison, c’est un peu trop idyllique dans cette rue, dans cette banlieue fleurie à côté de ton école …. prestigieuse.

Est-ce que cette école a créé cette fille, ou cette maison?

Tu n’as jamais tort, mon Alice. Ne t’excuse jamais. Ca, j’ai dit trop souvent au cours de ma vie …. lamentable.

Je suis dans un état lamentable en pensant à quelqu’un que je n’ai jamais connu. J’ai connu ton nom. Je le connais encore.

On ne t’appelle pas ‘chère Alice’. Cette Alice, elle n’est pas ‘chère’.

Là, tu es tendre. Ca, ce n’est pas toi. Tu étais endurcie avant que tu aies eu une raison. Une école prestigieuse nous fait ça. Toi, toujours dure, mon Alice. Je sais comment tu m’as estimé.

Je ne suis personne, encore, mon Alice. Tu as eu raison.

Là, je vois une Alice d’une autre origine. Là, j’ai envie de me suicider. Mais, pas pour toi, mon Alice. Je suis sûr qu’on peut se suicider en pensant à toi, mon Alice.

Est-ce que tu as eu raison quand tu parlais de cet album, il y a quatorze ans? Je dirais que non, mais, tu savais mieux que moi, et, tu voyais l’avenir.

Le nom Alice est le dernier mot sur les lèvres de chaque suicidant. Roméo, il s’est langui d’Alice.

Juliette. Un beau prénom, pas pour mon Alice. On ne suicide pas en pensant à Juliette.

Alors, comment ça va, la vie d’une voyante? Tu vois quoi pour moi, mon Alice? Rien. Je n’entre pas dans tes pensées.

Mais, si j’étais dans tes pensées, mon Alice? Tu sais, je sais, que je ne suis pas le seul qui pense ainsi à toi.

Tu étais belle. Tu es belle, dans mes souvenirs, de cette soirée. Peut-être que c’est ton manque de maquillage.

Maintenant, une veste professionnelle. Un air professionnel. Ca, ce n’est pas toi, mon Alice.

Qui suis-je pour dire ‘mon Alice’? Je ne suis personne, je sais, mon Alice.

Il est vingt deux heures cinquante six. Quelqu’un me fait appeler, deux fois, par interphone. C’est toi, mon Alice?

Je sais bien que quand on pense à quelqu’un, il pense à soi. Je sais que c’est pas le cas là, mon Alice.

L’odeur d’un stylo qui va, prochainement, ne plus avoir d’encre. J’adore cette odeur. J’ai oublié ton odeur, mon Alice. Je me souviens de ton gilet, et de tes cheveux.

Et, qui t’a dit de te faire couper les cheveux, mon Alice? Il était fou. Si c’était toi, je comprends. Toi, tu es maintenant professionnelle, comme les autres de ton école prestigieuse.

Est-ce qu’elle est une Methodist Lady? Même pas. Dommage pour elle. J’ai l’impression que les Methodist Ladies portent leurs jupes jusqu’au-dessous de leurs genoux. Elles portent les rubans, bleus, autour du cou.

Non. Toi, Alice, tu n’as jamais porté une jupe aussi longue. Peut-être que je t’ai vu, une fois, en robe noire. Exquise. La nuit, il faisait froid.

On n’a jamais trop froid quand on porte une robe noire. Mon Alice, est-ce que tu as, encore, cette robe, ou, est-ce que ça, c’est une mémoire fictive?

Je préfère imaginer que tu n’aies jamais porté ni jupe ni robe. Un jour, tu portes une veste blanche. Le lendemain, une veste noire. Le visage, dur.

Ceux à qui tu rêvais n’auraient jamais envisagé un tel sort, ni pour eux, ni pour toi, mon Alice.

Et tu es allée où pour fuir l’omniprésence de ton école prestigieuse? Pas loin, je sais.

Les Methodist Ladies sont protégées par un grand mur, et toi, mon Alice?

Il ne t’a pas fallu la protection, et, ton école prestigieuse ne t’aurait jamais fait mal.

Et, qu’est-ce que tu as fait pendant ces deux ans perdus? Non. Je ne te crois pas. Tu as honte? Faut pas.

Nos vies sont entrelacées, la tienne et la mienne. Peut-être que, même au tout début, on était ensemble, l’un à côté de l’autre, dans l’hôpital, protecteur.

Je ne vois pas à qui tu es unie par une bague. Il n’existe pas alors, pas dans mes pensées.

Est-ce que je te préfère en noir ou en blanc. Le blanc du mariage. Non. Le blanc. Il ne te va pas. Le noir non plus. Tu es allée où?

Une fierté? Encore? Mais, tu n’es pas où tu aurais du être, n’est-ce pas?

Tu nous a fait croire que tu serais quelqu’un. En blanc, tu t’amuses, ennuyeusement. En noir, on ne te reconnaît pas. On ne te reconnaît plus.

Je crois que ton école prestigieuse t’a bien protégé, en fait, derrière un grand mur, mais, tu manques de jupe longue.

Est-ce que les Methodist Ladies se rebellent? Est-ce que tu t’es rebellée? Tu étais là, ennuyée. L’introduction des autres. J’ai bluffé.

Il était beau, cet ami à toi. Ton amie, grande à la poitrine plate. Tu la connais encore? Elle était là pour te féliciter le jour où tu t’es mariée?

Oui oui. Tu gagnes, mon Alice. Tu gagnais, toujours. On savait que tu gagnerais. Tu t’ennuyais.

Mais, où es ta peau douce? C’est quoi ce sourire? Tu n’appartiens pas là-bas. Tu ne l’as jamais quitté.

Ah, oui. Tu l’as quitté. Tu as rejoint un autre. C’était l’avenir. Maintenant, le passé.

Et, pourquoi est-ce que je pense à toi là, maintenant, toujours, encore, pour jamais? Tu aurais du être une autre. Tu n’es plus notre Alice, ni la mienne.

J’ai vu chez toi. J’ai chanté. Chez toi, bien prestigieux. On ne gaspille pas deux ans Alice, pas ceux de chez toi. Je vois ta honte. Elle ne me fait pas de la peine.

Toi, les cheveux courts, fins. Est-ce que tu es pareille? Est-ce que je te reverrai? Est-ce qu’on peut revenir à cette jeunesse?
Tu es sublime, mon Alice. Tu ne m’étonnes pas. Tu me déçois.

Donne-moi le rendez-vous, mon Alice. J’y serai.

Dis-moi si ta réponse est négative, mon Alice.

Répond à la question, mon Alice.

On ne perd rien à part le temps.

Mais, il y a une chose que tu devrais savoir, mon Alice: peut-être que je t’aime, mais moi, je suis loin. Mais lui, oui, lui: il t’aime, il était marié, il t’a toujours aimé. Il t’aimerai pour toujours.

Moi aussi, mon Alice, mon Alice perdue.

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