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ALICE 4

August 8, 2017

Ah oui. Putain que cette fille est bien une Alice. Elle est la seule Alice à qui je n’ai jamais dit un mot, à part, peut-être, ‘pardon’ quand je suis descendu du bus.

Alors, son image est enfermée dans ma psyché. Elle est immortalisée sur la couverture d’un des almanach de notre école secondaire, parce que, assez étonnamment, elle a apparemment fait du bénévolat, avec ses deux amis, pour aider à créer cette publication, au moins une fois. C’est étonnant qu’elle a fait du bénévolat pour aider avec ce genre de projet parce que les Alice, elles ne s’impliquent pas dans les activités parascolaires, mais, cette fois, cette seule fois, cette Alice a rompu avec la grande tradition des Alice, mais ça, c’est absolument une exception et non de la règle générale.

Encore, cette Alice n’incarne pas l’image d’une Alice, mais encore, elle est bien une Alice.

Ce que j’ai en tête, quand je pense à cette Alice particulière, c’est l’image d’elle sur la couverture de l’almanach, même si j’ai plein d’autres souvenirs d’elle, mais, cette image l’incarne parfaitement: elle regarde le ciel, ses yeux semblent être fermés, et on a l’impression que là, au moment où elle était prise en photo(graphie), qu’elle était, absolument, dans son propre monde, où elle vivait toujours.

Cette Alice, elle n’a eu que deux amis, mais tous les trois, il me semble, étaient très proches, ou peut-être qu’ils étaient aussi proches que ça uniquement parce qu’à l’école, nos amis ne peuvent qu’être nos camarades, et nos amis sont, effectivement, ceux qui habitent près de nous, pas ceux avec qui on a, forcément, une vraie connexion. Peut-être que dès que ses années scolaires étaient terminées, elle a dit adieu à ces deux très bons copains de classe, mais ça, je ne peux pas savoir – peut-être que, toujours, ce sont ses amis ‘principaux’, ou même ses seuls amis.

Pas comme la troisième Alice, je sais qu’elle a existé en tant qu’adulte: qu’elle a existé. Il y a quelques années, j’ai eu de ses nouvelles, mais je n’ai rien appris de ces nouvelles …. en fait, ça, ce n’est pas exactement le cas. J’ai appris qu’elle va bien. Qu’elle a trouvé sa place dans le monde, et qu’elle est, donc probablement, aussi satisfaite qu’on peut espérer être dans la vie. Les Alice, en fait, malgré leurs particularités, ont l’habitude, normalement, de trouver leur place dans le monde – je peux dire ça pour quatre des cinq Alice; évidemment, je ne peux rien dire au sujet de l’Alice infâme perdue, notre troisième Alice. Peut-être que je pourrais supposer, vu que les autres Alice ont trouvé leur place dans le monde, que la troisième Alice a bien trouvé une place satisfaisante dans ce monde qui ne promet jamais, à personne, cet état de contentement, mais malheureusement, je n’ai pas confiance que cela est le cas: on dirait qu’elle était la plus troublée de toutes les Alice, et donc, si je pouvais avoir des nouvelles d’une seule Alice, ce serait d’elle, mais, je sais qu’on l’a perdue, de vue, et peut-être qu’elle est également perdu dans la vie. En fait, je dirais qu’elle est la seule Alice qui avait l’air véritablement perdue: évidemment qu’elle aurait éprouvé des difficultés en trouvant une place dans le monde vu qu’elle ne pouvait même pas trouver une place dans une école pendant une période prolongée. Si je n’avais pas eu des nouvelles de l’Alice de qui on parle en ce moment, la quatrième Alice, je me serais soucié d’elle, et donc, le jour où j’ai eu de ses nouvelles était une journée très significative dans ma vie.

L’Alice qu’on discute là s’appelle, en fait, Alice, si je me souviens bien, mais, il est fort possible que je me trompe. Alors, si elle s’appelle bien Alice, on pourrait dire qu’elle incarne l’image d’une Alice plus que les trois premières Alice d’antan, mais, qu’est-ce qu’un nom? Pour être une Alice, le prénom, le vrai prénom, de la fille (et je dis ‘fille’, parce que jusqu’à présent, je n’ai pas vu, pour de vrai, les femmes que les filles sont devenues) n’est pas du tout important.

Alors, encore, on remarque un trait commun entre les Alice: elles ont des amis, mais pas beaucoup d’amis. Quand j’émets des affirmations généralesconcernant les Alice, je pense, toujours, à la première Alice, l’Alice de rêve, l’Alice ultime. Je crois que la deuxième Alice, qui est toujours une anomalie, a plein d’amis, mais on sait que la première n’a eu que deux vrais amis dans son adolescence, même si elle faisait partie d’un groupe considérablement plus grand que ça, mais, elle était, toujours, absolument, quelque chose à l’écart de ce groupe: on doit être quelque chose de véritable merveilleux d’être un ami, pour de vrai, de cette Alice, et à part ses deux amis qui ont, plus tard, fait partie des soirées de ce groupe, je dirais que son seul vrai ami dans ce groupe était la ‘Alice masculine’. En regardant la troisième Alice pendant les récréations à l’école, on dirait qu’elle a eu plein d’amis, qu’elle était l’amie de, effectivement, notre classe entière, mais en réalité, elle n’a eu qu’un seul ami à notre école, son école temporaire, cet ami étant la ‘Alice masculine’. La ‘Alice masculine’ ne s’est pas rebellé du tout, mais il était clair à tout le monde, les autres élèves, les professeurs, les autres adultes, qu’il trouverait bien sa place dans le monde, qu’il ne se trouverait jamais ‘perdu’ dans les premières années de son âge adulte, et ça a, enfin, bien été le cas. Et, en fait, la première Alice est, peut-être, bien la personne ultime, mais, la ‘Alice masculine’ s’est rendu compte plus tôt que la première Alice qu’il suivait un mauvais chemin. Il s’est rendu compte avant la fin de nos études scolaires qu’il se tromperait s’il suivait le chemin ‘logique’ selon les matières qu’il avait étudié pendant ses deux dernières années du lycée, et, voilà: à la fin de ses années universitaires, il a trouvé, tout de suite, sa place dans le monde, et ça a toujours été le cas: après quelques années de travail, il a déménagé à Sydney où il a rencontré une anglaise avec qui il a, maintenant, deux bébés (sa seule erreur, en fait, c’est de ne pas être resté en couple avec la première Alice, mais, c’est probablement mieux que cette relation se soit dissoute: les relations d’adolescence ne marchent que très rarement dans l’âge adulte – du même cercle, on a vu une telle dissolution d’un mariage qui était né d’une relation adolescente). La ‘Alice masculine’ est maintenant à San Francisco, avec son anglaise, et, il semble comme s’il ne s’est jamais trompé pendant toute sa vie, pendant son adolescence quand j’ai fait sa connaissance et pendant son âge adulte. La première Alice, par contre, ne s’est pas rendue compte jusqu’après avoir obtenu son premier diplôme, jusqu’à deux après son obtention de son premier diplôme, ce qui était sa vraie vocation, et donc, on pourrait peut-être déduire, d’après ce fait, que la ‘Alice masculine’ était encore plus avancé au même âge que la première Alice, la personne ultime, et si cela est bien le cas, on voit qu’il est, vraiment, une Alice, peut-être encore plus que toutes les ‘Alice féminines’ combinées.

Mais, la quatrième Alice alors. Elle (et ses deux amis de son adolescence) était une enfant troublée: droguée, dans son propre monde, mais ne voulant jamais faire dumal à personne, et donc, pas comme la troisième Alice, qui voulait (activement) que les autres suivent son chemin, notre école a fait tout ce qui était dans son pouvoir pour l’aider, et enfin, ce soutien est peut-être la raison pour laquelle, il me semble, elle a trouvé une place dans le monde, sa place dans le monde. Elle s’impliquait dans son activité parascolaire parce que, je crois, elle pensait que ce serait, possiblement, quelque chose de pertinent pour ce qu’elle imaginait serait sa vie d’après ses études scolaires, et, peut-être qu’elle a eu raison. Ca me fait, vraiment, plaisir de savoir que la vie de la quatrième Alice se déroule exactement comme elle l’aurait voulu. Certainement, ses professeurs ne savent pas ce qui lui est arrivé, il est sûr qu’elle ne les aurait pas tenu au courant, mais, peut-être qu’ils pensent à elle de temps en temps, la fille troublée qui n’a jamais fait dumal à personne, qui savait exactement à quoi elle voulait que sa vie ressemble, et, la fille troublée, elle a bien réalisé ses rêves, et ce fait là me plaît plus que toute autre chose, et ça plairait, également, à ses professeurs.

La quatrième Alice, une fille troublée qui savait ce qu’elle voulait, et, elle vit, maintenant, tout ce qu’elle a espéré vivre pendant toute son adolescence.

La quatrième Alice, une bonne nouvelle, pour tout le monde concerné.

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