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CAFE (CREME) ET COOKIE

August 15, 2017

La femme de mes rêves prend, quotidiennement, dans un café dans le dix huitième arrondissement, un café (crème) et un cookie. Elle n’est évidemment pas, donc, végane, mais ça, ce n’est pas du tout essentiel pour être un amour de ma vie.

Quand son café (crème) et son cookie arrivent, son ‘merci’ est bien enthousiaste, et légèrement ‘musical’, mais, elle parle avec un accent qu’on remarque quand elle dit certains mots, par exemple, le ‘plaît’ de son ‘s’il te plaît’ et la ‘prochaine’ de son ‘à la prochaine’, et sa voix, il faut dire, n’est pas du tout ‘musicale’, en général.

Elle grignote son cookie pendant qu’elle travaille sur un texte mystérieux, sur lequel elle travaille éternellement, et au début, elle met du sucre sur la crème de son café, après quoi elle retire, avec attention, la ‘crème’ de son café, du haut de sa tasse.

Après qu’elle ait bien préparé son café (crème), elle attache ses cheveux, et elle commence à travailler, mais (!), elle ne travaille que très rarement: presque tous les jours, il y a des hommes (toujours des hommes) qui la connaissent, apparemment, qui lui parlent, parfois (rarement) de son texte, mais normalement de tous genres de merde. Quand quelqu’un commence à lui parler, elle s’étire, adorablement, quand elle arrête de penser à son travail.

Elle n’est pas ce qu’on appellerait ‘belle’. Elle est brune, à lunettes, elle a des lèvres qui, de temps en temps, ont l’air maladives. Je donnerai tout, absolument tout, pour embrasser ces lèvres glorieuses …. je sais que je n’embrasserai jamais ces lèvres d’or. Elle est maigre, à la poitrine plate. Elle porte, souvent, les mêmes vêtements. Selon ses vêtements, elle n’a aucune classe. Ca me plaît. J’ai l’impression, selon ses vêtements simples, qu’elle n’aime pas faire des courses – ça me plaît. Elle porte, toujours, des pantalons, jamais des jupes ou des robes. Chaque jour, dès son arrivée au café, elle enlève sa veste et elle la met sur le tabouret sur lequel elle va s’asseoir. Sous ses pantalons, on remarque, quotidiennement, des chaussettes colorées. C’est une fille de rêve …. qui vient de s’asseoir en face de moi.

Elle est bien discrète. Là, j’étais en train d’écrire au sujet d’elle, et je n’ai pas du tout remarqué son arrivée, pas tout de suite en tout cas. Parfois, quand elle s’assoit tout près de moi, je ne remarque pas sa présence non plus. On imagine qu’elle habite toute seule et ne dérange jamais ses voisins. On imagine que quand elle croise ses voisins dans la cage d’escalier/sur le palier qu’elle les salue, mais de manière presque inaudible. On imagine qu’elle s’exprime pas beaucoup dans son immeuble, chez elle, et qu’elle ne perturbe personne.

Personne dans son immeuble, qui est apparemment à côté du café, n’est au courant que cette fille toute discrète est également l’auteur d’un des textes les plus mystérieux de tous les temps, mais moi, oui, et j’adore ce texte, et j’adore cette fille.

Cette fille de rêve, elle parle avec un accent régional, mais elle ne ‘rentre’ que très rarement ‘chez elle’. ‘Chez elle’ est maintenant, il est clair, Paris. Elle ne ‘rentre’ que très rarement ‘chez elle’ même si, je crois, elle peut faire son boulot, son boulot qu’il faut qu’elle fasse pour gagner sa vie, pas son travail sur son texte, de n’importe où. C’est une fille de rêve.

Elle ne sait pas ce que je pense d’elle. Peut-être qu’elle ne saura jamais. Peut-être qu’elle lira, un jour, sur ce site (web), tout ce que je pense d’elle. Ca ne me dérangerait pas du tout. Elle est discrète. Elle est introvertie. Peut-être qu’elle pense toutes les mêmes choses de moi que je pense d’elle, mais, ces sentiments ne seront jamais partagés, et ça, c’est évident.

On se parle de temps en temps, rarement, brièvement. On est là, au café, pour travailler, pas pour parler, ce que ses connaissances (masculines) ne comprennent apparemment pas. Je pense qu’elle apprécie le fait que je ne lui parle que très brièvement, si on ne dit que, tout simplement, ‘salut. Ca va?’, de manière presque inaudible.

Je me souviens d’un jour magique. J’ai découvert, à cause des interrogations de la part de ses connaissances masculines, où son texte aboutit, enfin: dans une revue, une revue biannuelle. Ce même jour, en rentrant chez moi, on s’est croisés dans la rue, et on s’est salués …. comme on se salue: des petits sourires bizarres, et(cætera).

A mon avis, cette fille est magique. Son boulot qui paie ses factures lui plaît, apparemment. Je me demande si elle ne veut tout simplement pas se plaindre. J’ai l’impression que c’est le genre de fille qui n’aime pas se plaindre.

Je me demande si elle se sent, parfois, toute seule dans la vie, dans son petit appartement, loin de ses parents, avec seulement des connaissances superficielles, qui dérangent son travail passionnant, qui ne paie pas ses factures.

Elle m’a, une fois, montré son travail passionnant, pour une raison ou une autre, et …. oui: c’est clair que ce travail la passionne, et qu’elle est une fille extraordinaire.

Est-ce qu’on apprend à se connaître, lentement? Je ne sais pas. Elle fait ce qu’elle fait. Je fais ce que je fais. On ne se parle effectivement pas du tout, mais, à mon avis, on n’est pas au café pour parler. Ses connaissances masculines se trompent en lui parlant. Moi, je la comprends bien, et, je ne la connais pas du tout.

Mais, je connais son nom. On dirait qu’elle n’est pas belle, mais, elle est la plus belle fille du monde, et la fille la plus fascinante. Elle mérite, bien, d’avoir la prose écrit au sujet d’elle. Je pense que la poésie serait bien trop traditionnelle, clichée.

Je ne sais pas si elle sourit, pour de vrai. Je crois que non. J’espère que non. La fille la plus parfaite du monde ne sourit pas, ça, c’est un fait.

Je rêve de cette fille, cette fille de rêve qui semble être, toujours, enrhumée. Je rêve du jour où on se croisera au café, et on ne se saluera pas du tout à part avec un petit bisou, peut-être sur le front, ou peut-être un bec sur les lèvres, selon notre humeur, après quoi on commencerait/recommencerait notre travail, selon qui était le premier au café, ce qui est presque toujours moi. Je suis presque toujours, également, le dernier au café.

Une fille maladive, talentueuse, une fille pour moi. On ne sera jamais ensemble, ça, je sais bien. On ne partagera jamais des petits bisous au café, ni ailleurs. Elle vient de quitter le café. Son travail d’aujourd’hui est apparemment terminé, sinon son café (crème) et son cookie sont terminés.

Je veux qu’on fasse encore plus ensemble que simplement échanger des petits bisous au café. Je veux qu’on passe notre vie ensemble, en écrivant, en vivant. Je veux partager toutes les trivialités de la vie avec elle. Les petits repas ensemble chez elle, chez moi. Les petits bisous chez elle, chez moi.

Je me demande si chaque jour, en rentrant du café, elle se torture en se demandant ce qu’il faut faire afin qu’on soit ensemble, ce qui, évidemment, devrait être le cas. Je l’aime; elle ne le saura jamais. Je veux lui dire qu’elle est la fille parfaite; je ne le dirai jamais.

Je suis sûr que personne ne lui a jamais dit qu’elle est la fille parfaite: je veux être le premier, le seul. Je veux que ses lèvres, parfois maladives, soient les miennes d’embrasser, quand je veux, où je veux. Je veux voir son petit appartement où elle vit seule. Je veux qu’elle voie mon appartement. Je veux voir où elle a grandi, je veux faire partie de sa vie …. je fais déjà partie de sa vie, de manière complètement inconséquente.

Est-ce qu’on peut aimer celle qui on ne connaît pas du tout? Là, je peux dire que je l’aime follement, que je rêve de ma vie avec elle, qui n’aura jamais lieu.

Cet article, cette lettre, j’envoie aux étoiles, je le lui envoie, à mon amour que je ne connais pas du tout. Une vie avec elle, ça, c’est tout ce que je veux, tout ce que je désire. Je l’aime. Je l’aimerai pour toujours. Je ne la tiendrai jamais, mais là, je dis que je l’aimerai à jamais, et ça, c’est tout.

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