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L’EQUILIBRE

August 15, 2017

L’équilibre. C’est difficile de trouve, facile de perdre. Je l’avais bien trouvé, j’étais bien équilibré, pendant un jour, mais puis …. j’ai eu des visiteurs, et, voilà. Je me trouve perdu, sans aucun équilibre, et là, c’est où on tombe.

Je suis loin de ce qu’on pourrait appeler ‘chez moi’, qui ne se sentait jamais comme ‘chez moi’. Je me sens à la maison ici, là, loin de ce qu’on pourrait appeler ‘chez moi’, et, j’aime cette distance entre ‘chez moi’ et moi. Pendant la plupart du temps, je me trouve seul. Je vais aux concerts seul. Quand je ne suis pas à un concert, je me trouve, tout heureusement, quelque part dans le dix huitième arrondissement de Paris (france), ma vraie ‘maison’.

Alors, je me trouve loin de ce qu’on pourrait appeler ‘chez moi’, ce qui me plaît, parce qu’il n’y a presque jamais de visiteurs pour me voir uniquement, ou pour visiter la ville, et me voir quand ils sont là. Récemment, il y a eu trois visites séparées, comprenant quatre personnes au total. La dernière visite a été, facilement, la pire des trois: ce que je considère être ma famille (je ne considère pas ma tante comme faisant partie de ma ‘famille’. Ca m’étonne toujours, un peu, quand les gens se trouvent extrêmement triste quand une tante ou un oncle meurt, ou un grand-parent. Ma grand-mère est morte l’année dernière, la grand-mère de qui je me sentais le plus proche. Je n’ai pas pleuré, mais, il faut dire que j’ai un peu regretté de ne pas être revenu en australie un peu plus souvent pour la voir, mais, la mort ne m’a pas terriblement secoué).

Alors, ma tante ne fait pas partie de ma famille. Même si je vivais à Melbourne, je ne la verrais que très (très) rarement: c’est elle qui habite, littéralement, au milieu de nulle part, à la frontière entre deux régions australiennes. Son mari, il y a presque trente ans, a tué ses deux enfants. Je ne me souviens pas d’eux, une question qu’elle m’a posé quand elle était là.

Alors, ce que je considère être ma ‘famille’ est mon frère et un homme qui n’est même pas mon ‘vrai’ grand-père – mon vrai grand-père s’est suicidé, il y a plus de cinquante ans, je crois. Je suis heureux que cet homme n’est pas, vraiment, mon ‘grand-père’ – je préfère bien être apparenté à un suicidant. Ce ‘grand-père’ est antisémite, raciste, et ne croit pas que l’holocauste a eu lieu, donc, voilà. Heureusement, ma mère n’a pas appris à être aussi idiote que lui, et donc, je n’ai pas appris à être comme lui non plus. Il ne croit pas que l’holocauste a eu lieu, même s’il a vécu pendant cette période, et même si son père, il croit, était emprisonné dans un goulag russe, et si c’est bien le cas, à mon avis, ça aurait été parce qu’il était juif. Mais, malgré tout ça, cet homme, il est le grand-père de qui je me sens le plus proche – mon autre grand-père est mort quand j’étais encore jeune.

Effectivement, je crois, à cent pour cent, que mon grand-père qui s’est suicidé était juif. Au musée ‘la maison de la terreur’, à Budapest, il y a une histoire au sujet d’un homme, un sioniste, qui était emprisonné par les russes, et, il a eu le même nom que mon ‘vrai’ grand-père, et, il s’est également suicidé – ce n’était pas le même homme que mon ‘vrai’ grand-père, qui s’est suicidé en australie, devant ma mère et ma grand-mère, mais, je crois, vu les mêmes noms des deux hommes, que c’est évidemment un nom ‘juif’ courant en hongrie et que, donc, mon grand-père, mon ‘vrai’ grand-père, était bien juif et que, peut-être, ça, son judaïsme, était la raison pour laquelle il a fui la hongrie. Ma mère et moi avons raconté cette histoire à ma grand-mère et à mon ‘grand-père’ il y a plusieurs ans, quand j’étais en australie, et on lui a demandé si mon ‘vrai’ grand-père était bien juif, mais vu la présence de mon ‘faux’ grand-père, ma grand-mère a évidemment répondu que non, il n’était pas du tout juif, mais (!), même s’il avait bien été juif, elle n’aurait pas dit ça devant mon ‘faux’ grand-père, l’antisémite: il l’aurait divorcé, tout de suite, si elle avait été mariée à un juif, et ça, ce n’est pas une exagération du tout.

Mais, mon frère est également à Paris en ce moment, et, il est bien mon frère, et, sauf si mon ‘vrai’ grand-père était bien juif, il n’est pas du tout juif, tout comme moi (je suis bien au courant que le judaïsme est transmis par la mère, et que, donc, même si mon ‘vrai’ grand-père était bien juif, mais ma grand-mère pas du tout, ma mère n’aurait pas été ‘techniquement’ juive, ni mon frère ni moi). Mais, bref. Je crois, en tout cas, que le ‘grand-père’ que je connais bien est aussi juif, mais un juif qui nie ce fait. Voilà.

Mais, l’équilibre alors. Vu le fait que je sais que ces ‘proches’ sont à Paris (france) en ce moment, je me sens, évidemment, obligé de les voir, et, il faut dire que, des fois, j’ai attendu avec impatience l’arrivée de mon frère …. mon ‘grand-père’ un peu moins. Il faut également dire qu’aux autres moments j’ai redouté cette visite …. je n’aime pas les touristes (même s’ils sont meilleurs que le ‘expatrié typique’, et, oui: je sais bien que je suis un expatrié là, à Paris (france), mais si je suis ‘typique’ ou non n’est pas à moi de dire), et donc, j’aime encore moins être un touriste dans ma propre ville, ma propre ‘maison’. J’ai ressenti le même sentiment quand ma tante (ma vraie tante (!)) était là, mais je savais, toujours, que je n’allais la voir qu’un seul jour – je savais toujours, par contre, que j’allais voir mon frère et mon grand-père au moins plusieurs fois, et donc, cette visite était plus redoutée que celle de ma tante, même si je n’étais pas sûr que j’aurais pu parler à ma tante pendant une journée entière, une peur qui, enfin, était raisonnable. Je n’avais jamais la même peur concernant la visite de mon frère et mon grand-père: les deux pourraient parler à un mur pendant des heures, sans aucun souci. Pendant la plupart du temps ce qu’ils disent est idiot (et parfois antisémite et/ou raciste), mais, si je n’ai pas envie de parler, ils parleront, et j’écouterai …. ou non.

Alors, enfin, je pensais que ça suffirait de les voir une seule fois, mais apparemment non, selon la première fois qu’on s’est vus, hier soir. Je pensais que ça suffirait de les voir une seule fois, mais je savais que mon ‘grand-père’ ne partagerait pas le même avis, et, voilà: j’ai eu raison, et, voilà: j’ai perdu mon équilibre. Mon équilibre, c’est la vaste distance entre mon ‘ancienne vie’ et ma vie d’ici. Ca ne me va pas du tout quand mon ‘ancienne vie’, qui n’était jamais ‘pour moi’, entre en collision avec ma vie actuelle, dans la ville où je me sens ‘à la maison’. Ce n’est même pas la ville entière où je me sens à l’aise: Paris (france), ce n’est pas chez moi; le dix huitième arrondissement de Paris (france) est chez moi. Peut-être que j’écris assez souvent au sujet de la Goutte-d’Or là, et c’est vrai que la Goutte-d’Or est bien mon quartier et que même si je déménage un jour que je ne le quitterai pas, mais, le dix huitième arrondissement de Paris (france), en général, est chez moi. Mon café habituel est dans le quartier de la Chapelle, mais bien dans le dix huitième arrondissement. Mon ancien café habituel était plus proche de Montmartre, et donc, évidemment dans le dix huitième arrondissement aussi, et, j’adore Montmartre aussi, même si je ne me trouve pas du tout souvent là-bas, pas maintenant, maintenant que je suis bien un riverain de la Goutte-d’Or.

Et donc, même si je ne suis pas du tout français, je suis bien parisien, et donc, j’ai mon quartier/arrondissement que je serais bien heureux de ne jamais quitter. Et, je suis parisien, et donc, je ne fais pas les activités touristiques, et, je suis assez heureux que mes compagnons d’aujourd’hui se soient perdus, à cause de moi.

Mais, après hier soir je pensais que mon équilibre ne pouvait possiblement pas être encore plus faussé, mais, non: là, je me suis trompé. Hier soir, j’ai emmené mes compagnons à mon café habituel, tout innocemment, et …. putain merde. Ce matin, j’avais été au café pendant seulement quelques minutes, dans un état mélancolique/dépressif, à cause de la perte de mon équilibre, et, je ne pouvais pas écrire dans cet état, mais, ce n’était pas du tout important, parce que là, devant moi, assis autour de moi, étaient mon frère et mon ‘grand-père’ – mon frère, apparemment, est un genre de freak/savant qui peut se souvenir les indicationspour venir à un lieu, dans une ville étrangère, après avoir y été emmené une seule fois, et donc, vu que je ne pouvais pas écrire en tout cas, je les ai rejoint pour leurs activités de la journée, et, voilà, ils se sont perdus à cause de moi! Je connais bien le dix huitième arrondissement de Paris (france), ce qu’on a regardé hier soir, mais pas la ville entière, et donc, parfois, je me perds, parfois quand je suis avec les gens qui m’ont fait perdre mon équilibre.

Récemment, j’ai eu un peu de mal du pays, et la raison pour ça, je viens de me rendre compte, est parce que je savais que cette visite s’est approchée, et, après quelques jours, elle sera terminée, et il y aura, à nouveau, la vaste distance entre mon ‘ancienne vie’ insatisfaisante et ma vie actuelle, qui est calme et agréable, dans la Goutte-d’Or/le dix huitième arrondissement de Paris (france). Donc, prochainement, je serai à nouveau libre, je retrouverai, prochainement, mon équilibre, et, crois-moi, j’ai hâte de dire adieu à ces visiteurs indésirables, et de retrouver la vie ‘normale’. Putain que ce sera superbe! Seulement quelques jours, et puis, la liberté …. et l’équilibre!

Vive l’équilibre et vive la vie calme et tranquille dans la Goutte-d’Or/le dix huitième arrondissement de Paris (france)!

Oui!

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