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TROIS ADIEUX

December 29, 2020

J’ai décidé d’être ouvert, devant la porte de la psychanalyste.  Son nom n’est pas sur le mur.

J’étais en retard.  J’ai raté Jennifer.  J’ai raté Jennifer il y a dix huit ans, vingt ans.  C’est la fille que j’aime.  Je l’aime, et j’aime son arrogance.  Elle n’est plus arrogante.  Elle a échoué.  Elle est académicienne, épouse et mère.

Ce n’était jamais Lila.  ‘Cordialement’, elle a écrit.  Ca m’a amusé.  Elle aurait dû écrire ‘adieu’.  Elle est revenue, à Caen.  Comment se sont passées tes aventures Lila?  Ah oui.  Je sais que tu n’es plus Lila, mais ça ne me dérange pas.  Et, tu sais Lila, c’est vraiment pas la peine.  On te connaît déjà.  Tu n’es personne.

Je me souviens.  J’avais faim.  On marchait et marchait.  Il n’y avait qu’une seule possibilité, mais j’aimais bien les rues et les maisons qu’on a vu.

Je me souviens.  Tu étais en train de te brosser les cheveux.  Tu étais jeune.  Tu disais ‘je ne serai jamais une mère’.  Tu as menti.  Tu as menti deux fois.

Et je dirai à Isabelle ‘tu as tout gâché’, mais en fait, je parle à une autre.  Isabelle a simplement disparu.  Allez.  On sort.  Il y a une tempête.

C’est pas la peine de vivre.  Ce n’est pas nécessaire.  Viens, elle a dit.  Demain, je serai partie.  Adieu alors.  Non.  On se reverra.  Et Lila regrette.

Tu sais, tu es un personnage principal Lila, d’un livre, d’une vie.  Toujours, je choisis le moment parfait.  Adieu.  Merci.  Regarde, mes vêtements!  On s’en fout.  Et, en fait, tu n’es rien de spécial Lila.  Maintenant, je te vois, je te vois clairement.  Tu es parfaitement typique, une femme de ton temps.

Elle s’inquiète.  Elle s’inquiète pour elle-même.  C’est tout.  C’est notre faute.  Nous sommes tous coupables.  Elle ne nous pardonnera jamais.  On s’en fout.

Tu parles à qui Lila?  Non.  Je ne dignifierai jamais ce nom, abâtardissement.  Droit inaliénable.  Quelques lettres.  Quelques cadeaux.  Un message texte.  Un espoir.  Ou non.

Regarde la porte.  Tu n’as pas menti Lila, ce dernier jour, mais tu apprendrais.  Un jour, tu reviendras.  Tu es très vieille Lila.  Tu es un peu trop vieille, pour tout ça.  Tu es comme une enfant, et tu es trop vieille.

Pourquoi es-tu revenue?  Alors, tu étais chez les politiciens?  Je ne peux pas imaginer.  Tu as changé.  Tu n’as pas grandi. 

Je garde tes mots.  Je me souviens du premier mot, du dernier mot.  Une idiotie.

Tu es presque tombée.  Je t’ai tenu.  Le premier baiser.  Le premier jour.

Mais, j’aurais aimé Jennifer, et je l’aurais déçu.  Mais j’étais jeune.  Elle vit dans tous nos cœurs.  ‘Est-ce que tu es amoureux de ce beau jeune homme?’  Possible.

Je me souviens de son nom.  On était déguisé.  J’ai reconnu sa beauté.  Tu serais bientôt toute seule.  Ca, c’est ton destin, ou non.  Tu es mariée.  Tu as un enfant.  Tu es académicienne.  C’est fini.
           

Est-ce que tu as oublié?  Ce cadeau précieux.  On parle de la beauté?  Oui.  Son fils est beau.  Tout comme le père.  Non.

D’accord.  Deux mille quinze.  Une première réussite.  Une erreur grave.  Une erreur encore plus grave.  ‘Pourquoi avez-vous?…’  Cette question n’est pas pour moi, et puis, je ne reviens jamais.

Tu n’es pas très courageuse Lila.  Tu étais partie pendant combien de temps?  Tu as peur de l’amour.  Est-ce que tu as pleuré quand tu es partie?  Et pourquoi es-tu partie?  Un mystère.

Et, qui sont ces hommes?  Horribles, ces hommes.  Je comprends bien ce que tu n’aimes pas, mais tu vis dans le caniveau, le caniveau de Caen, du monde.

En fait, j’ai un amoureux qui vient de Caen.  Il habite à Paris.  Il n’est pas beau, mais je l’apprécie tellement, et, il ne saura jamais.  On ne saura jamais.

Alors, tu l’aimes?  Il me semble que oui.  Tu sais, Lila, je t’ai toujours menti, tout comme j’ai toujours menti à Catherine.  C’est pareil, en fait.  C’était pareil.  Mais, les mots de Catherine m’ont tué.

‘Toujours’, c’est pas longtemps si tu parles à Catherine.  Heureusement, ce n’est pas longtemps, et, heureusement, elle a pris l’initiative.  Sinon on n’aurait jamais vu la fin.

C’est la fin de l’histoire.  Ils klaxonnent.  Ils crient.  Un accident.  Il faut qu’on rentre bientôt.  Tu sais, l’invitation est très gentille mais ce n’est pas très pratique.  Une prochaine fois.

Alors, tu es partie.  Normandie.  Caen?  Non.  C’est presque ton rêve.  Est-ce qu’il faut que ce bébé soit aussi bruyant?  Ton bébé?  Oui.

Aujourd’hui, on parle des enfants.  On ne sait jamais.  Pas encore.  Etc.

Mona.  Merci pour le conseil.  Mona et ses deux enfants.  Un amoureux de convenance.  Cherbourg.  A bientôt à Cherbourg Mona.  Une fois, tu m’as déconseillé, avant que tu susses que je t’aimais.  Je t’aime toujours Mona, et ça, ce n’est pas un mensonge.

Mon premier baiser?  J’étais agressé.  Une fille moche.  On oublie ce soir-là d’enfance.

Maintenant, il parle sans cesse de sa fille.  On en a marre ….

Maintenant, elle vient avec son fils.  On arrive.  Elle parle à sa mère.  Elle parle à sa mère.  J’attends.

Et, comment va ta mère?  Tu es où maintenant, mon amour?  Tu serais rentrée avec moi, mais tu es partie.  Et quand est-ce que tu reviendras?  Trois ans.  Quatre ans.  Tourne la page.

Jennifer.  Tout le monde sait bien celui que tu aimes.  Et il t’aime également. C’est tragique.

Une vieille mariée, plutôt que Jennifer.  Mariée anglaise.  Ennuyeuse.  On est tous trop sérieux.

Ah.  Elle a pris son nom.  Les australiennes sont moches, toutes sauf Jennifer.  Mona était une grande beauté en Australie.  Elle est une grande beauté, malgré ses enfants, malgré ses défauts.

Un homme bête.  Comment ça que tu ne reconnais pas sa beauté?  Tu passes trop de temps entouré par les adolescentes.

Connaître les vieilles.  Elles sont toutes en couple, et peu intéressantes.  Mona a dit mon nom.  Elle m’a souhaité un joyeux anniversaire.  Je lui ai souhaité un joyeux noël.  Je lui ai dit ‘félicitations’ et elle m’a demandé pour quoi.  Ah.  Tout ça, c’est une blague.  Tout est devenu très sérieux très vite.

Oui.  Oui.  Catherine.  Tu as raison.  Tu es la raison.  Tu nous as rendu déprimé.  Il fallait toujours être à tes côtés.  Je regardais par la fenêtre.  Je ne pouvais pas voir la rue, tristement.  J’ai bien connu cette vue.

Et, voilà.  J’ai oublié ton anniversaire Catherine.  Je n’oublierai jamais celui de Rebecca, le premier août.  Premier amour.  Dernier amour.

Dis, Rebecca, nous étions très proches.  Si je te dis que je regrette?  Il est trop tard.  Je t’ai perdu.  J’ai perdu ta petite sœur, qui avait tellement besoin.  Je vous ai aimé, toutes les deux.

Et, il y avait une raison.  Et je parlais vaguement.  Peut-être que je parlais de toi, Rebecca.  C’est exactement ce que je faisais.  Je me foutais d’Emily.  Je chéris tes mots Rebecca, mots simples, qui disent adieu.

Adieu Rebecca.  Mona.  A très vite, tout de suite.  Les amours de ma vie.  On n’oublie qu’une seule.  Lucy ….  Mais, à bientôt Lucy, dès que possible Lucy.  Tu m’as déçu Lucy, mais pas terriblement, et, peut-être que je ne t’aime plus.

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